Faire un commentaire



11/02/2010COMPLICES

relu par Frédéric Mermoud et Nina Meurisse

Découvert par une série de courts métrages, Frédéric Mermoud propose en ce début d’année 2010 son premier long métrage. Il retrouve à cette occasion Nina Meurisse, comédienne talentueuse révélée avec « L’Escalier » et « Rachel », les premiers films (hors réalisations produites dans le cadre de son parcours à l’ECAL – école de cinéma de Lausanne) du cinéaste.

« Complices » montres automatiques homme
n’est pas une suite ni une version longue d’un des courts. Mais il pourrait être une nouvelle mise en images de la vie de Rachel (la comédienne a le même prénom dans les deux courts). Toutefois, Frédéric Mermoud s’en défend. Rebecca n’est pas Rachel plus âgée. Elle est une autre jeune fille qui partage certes quelques similitudes. Ici, Rebecca est plus passionnée, plus lumineuse, plus libre. Volontairement, le réalisateur a créé de fortes différences entre le couple de jeunes et le duo de flics. Les premiers sont spontanés, enflammés afin que le spectateur ait envie d’être avec eux, de se laisser emporter par leur énergie. Frédéric Mermoud a pour cela choisi Nina Meurisse, actrice solaire, qu’il connaît bien, et qui lui fait confiance car une complicité existe. La comédienne a d’abord apprécié le scénario, été flattée que le réalisateur pense à elle, et très heureuse de pouvoir mener une nouvelle collaboration (l’un et l’autre sont d’ailleurs tout disposés à poursuivre les aventures communes).

La voici qui se frotte à un univers plus délicat, mais les scènes les plus difficiles ont été très anticipées, discutées, travaillées et, quand la caméra tournait, ce n’était alors plus qu’une interprétation quasi mécanique, pendant laquelle l’intellectualisation s’effaçait. Nina Meurisse habite cette consommation excessive, immédiate de sexe, d’alcool, d’amour, de vie… Et Frédéric Mermoud filme sans juger comme les deux flics s’efforceront également de ne pas juger. Personnage sec, auquel la vie n’a pas épargné les épreuves, Hervé enquête sur le meurtre et, peu à peu, son personnage s’effrite, s’apaise. Il apprend la vie de la jeunesse, celle qui pourrait avoir l’âge de ses enfants (mais il n’est pas père) et son regard change, s’émeut de tant de passion.

Adultes et jeunes cohabitent dans le film, mais peu se croisent. Les univers sont volontairement distincts : les tons sont chauds, jaunes, ocres et la caméra rapprochée lorsqu’il faut s’emballer avec les fougueux amoureux ; la caméra s’éloigne un peu des policiers et les teintes sont froides, grises et bleues. L’image et le montage avaient de l’importance (Frédéric Mermoud est resté fidèle aux chef op’ et monteuse de ses courts) pour retranscrire ces mondes qui s’opposent, qui se frôlent telles des couches interdépendantes. Le film se construit par des oppositions, des frottements… qui s’estompent au fil de l’enquête. Et le polar laisse place à une chronique sociale, partiellement inspirée d’un fait divers.

Dans un contexte de polar, empruntant certains codes du genre, Frédéric Mermoud souhaitait réaliser une œuvre assez pudique, élégante, une peinture de personnages, d’univers, et surtout une très forte histoire d’amour. Dès son premier long métrage, il parvient à construire une œuvre dense, riche, portée par des comédiens de grand talent (qu’on a hâte de revoir très vite) ; un film complet quasiment sans faille. Et le cinéaste est un garçon charmant et simple. Que demander de plus ?

Christophe Liabeuf
in L'EMILE (février 2010)

ET VOUS, CHER SPECTATEUR, QU'AVEZ-VOUS PENSE DE CE FILM ? N'HESITEZ PAS A DEPOSER VOS COMMENTAIRES CI-DESSOUS. MERCI !

Votre nom * :

Votre commentaire sur le film * :


Pour nous aider à distinguer les formulaires remplis manuellement de ceux soumis automatiquement, entrez les chiffres tel qu'ils apparaîssent dans la zone ci-dessous :


* les champs marqués d'une * sont obligatoires

Conformément à la loi Informatique et Libertés en date du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification, de modification et de suppression des données qui vous concernent. Vous pouvez exercer ce droit en nous envoyant un courrier électronique ou postal.