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24/05/2010SOLUTIONS LOCALES POUR UN DESORDRE GLOBAL

Rencontre avec Coline Serreau

A l'occasion de la projection du film SOLUTIONS LOCALES POUR UN DESORDRE GLOBAL au Zola, L'EMILE a rencontré Coline Serreau :

L'EMILE : On a pu voir fleurir bon nombre de films consacrés à l'écologie ces dernières années. Solutions globales arrive maintenant, enfin, pour parler des hommes et aux hommes, sans utiliser ce ton péremptoire et alarmant pas très engageant (Home et Le Syndrome du Titanic par exemple). Votre film parle aux gens en toute simplicité, n'est-ce pas une volonté d'aborder ce sujet délicat de manière plus ludique ?

COLINE SERREAU : Je n'emploierais pas le mot ludique, non, c'est plus profond bien au contraire. Mon film est dans le style parlé, il emploie l'humour. Les gens que je filme, dans leur manière de présenter ont recours à l'humour. Dans les films que vous citez, l'absence d'humour rend le propos tout à fait lourd. Mais je ne veux surtout pas dire du mal d'eux, ils ont fait leur boulot, ils ont fait ça bien. Solutions locales... n'est pas un film léger, ce n'est pas non plus un film qui parle des choses légèrement, mais qui parle aux gens effectivement. Je voulais employer un ton qui tourne vers l'action, qui va vers du positif.

L'EMILE : L'Émile a eu un entretien avec Yann Arthus-Bertrand l'année dernière (voir numéro 38) dans lequel il disait qu'il était trop tard pour être optimiste ? Êtes-vous de cet avis ?

COLINE SERREAU : Je ne partage pas cette vision là. Parce que les hommes sont comme ça : ils démolissent puis ils disent « au secours, les femmes ». Nous on prépare, on fait. Allô maman bobo, quoi... Lui, il ne sait peut-être pas réparer mais nous on va s'y attacher. On n'a pas le choix de toute façon. Si on a un gosse qui est malade, on le soigne. On ne va pas dire « Ah, c'est trop tard... » ! On va s'acharner à le soigner.

L'EMILE : Le choix même de ne tourner qu'avec du petit matériel participe-t-il également à cette volonté de rapprocher le spectateur de la personne qui intervient ?

COLINE SERREAU : Oui et non. Quelque part, le matériel employé correspond à l'idéologie du film, c'est sûr. Mais en même temps, il n'y avait pas non plus tellement le choix. Il n'y avait pas de production à la base, je suis partie comme ça avec mes affaires à moi, j'étais indépendante.

L'EMILE : Solutions globales fait intervenir des personnes qui essayent de faire changer à leur échelle des modes de pensée ou des modes de vies. C'est sur la diversité des cultures et aussi l'unité des discours défendus que vous vous appuyez. Vous offrez là quelques solutions mais aussi un espoir qu'un effort collectif s'engage...

COLINE SERREAU : Il faut que ça bouge collectivement, ça c'est sûr... Le but, c'était de montrer que des gens qui ne se connaissent pas, qui n'ont rien en commun, qui sont à des milliers de kilomètres les uns des autres, ont le même discours sur la terre. Ça, c'était une démonstration très intéressante, très importante. Nous sommes une seule et même espèce, sur une seule planète, il n'y a pas 36 façons de voir le problème...

L'EMILE : Vous ne montrez pas l'autre facette, celle qui dérange. Que répondez-vous aux critiques mettant en cause votre partialité ?

COLINE SERREAU : Je réponds que ça fait des années et des années qu'ils parlent, on n'entend qu'eux, ça ne m'intéresse absolument pas de continuer à les entendre ! Là, ce film n'est fondé que sur les gens, ceux à qui l'on parle, ceux pour qui l'on parle et avec qui l'on parle. C'est un film de gens. Il faut donner de l'espoir, donner la pêche !

Propos recueillis par Olivier Calonnec

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